Une question à propos de A (H1N1)

5 réponses à “Une question à propos de A (H1N1)

  1. Pourquoi la population s’inquiéterait-elle d’un virus dont les effets lui sont décrits comme semblables à ceux de la grippe, donc relativement bénins, et que les médecins eux-mêmes semblent réticents à le recommander? Devant cette absence de menace, pourquoi la population se ferait-elle vacciner alors que circulent les rumeurs les plus folles concernant ses possibles effets secondaires du vaccin et que les responsables eux-mêmes admettent que le processus normal d’études de l’innocuité se fera en parallèle avec l’administration du vaccin?

    Le virus de la grippe aviaire était très dangereux, avec une incidence de mortalité de 60 % alors que le virus A(H1N1) apparaît au contraire plutôt banal. Jusqu’à maintenant, la crainte des autorités sanitaires de voir le virus A(H1N1) muter en une forme plus virulente ne s’est par avérée. Devant l’absence de menace, la population hésite

    Les théories farfelues ont toujours existées, que ce soit à propos de l’assassinat de John F. Kennedy, du complot de la CIA qui serait à l’origine des événements du 11 septembre 2001 et, maintenant, du complot des pharmaceutiques avec les gouvernements pour diminuer la population mondiale à travers l’administration d’un vaccin piégé. C’est la place qu’on leur donne dans la situation actuelle qui est inusitée. Ce phénomène découle largement, sinon essentiellement, de la confusion qui règne depuis plusieurs mois et de l’absence d’un message central fort et crédible provenant des autorités sanitaires.

    Les gouvernements et leurs organismes de santé publique et les médecins se font entendre mais ils n’arrivent pas à se faire comprendre. On tente de tout dire et de répondre à tout. Les scientifiques (incluant les médecins dirigeant les organismes de santé publique) sont prisonniers de leur formation scientifique qui les porte trop vers la nuance alors qu’au contraire, il faut savoir projeter quelques messages forts et s’y tenir.

    L’autorité politique, dont le rôle en pareille situation est de procurer un leadership, est incapable de l’assumer. La ministre fédérale s’efface derrière ses fonctionnaires. Le ministre québécois de la santé est affaibli par une série de dossiers fortement médiatisés depuis un an, qui ont miné sa crédibilité. On a même entendu récemment des médecins se réjouir de son silence.

    Par ailleurs, le Collège des médecins et l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec ne se manifestent pas, ou si peu. On apprend dans un article de journal qu’ils auraient rappelé à leurs membres l’obligation professionnelle de se faire vacciner, mais un examen de leurs sites webs respectifs ne livre rien de tel. Par contre, les médecins eux-mêmes, sur une base individuelle, se disent incapables de renseigner adéquatement leurs patients.

    EN résumé, la cacophonie règne, le monde médical lui-même semble divisé et aucune voix, aucun leadership, ne semble émerger. Tout le monde parle en même temps et les médias semblent accorder la même importance à tous.

    Désolé d’avoir pris tant de temps pour dire si peu. Comme disais madame de Sévigny, je n’ai pas eu le teps de faire court.

    • Le silence des ordres professionnels comme le Collège des médecins et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec serait-il un symptôme des attentes exprimées du MSSS pour assurer le leadership ? La question se pose. Dans les gestions de crise (si tant est qu’il y en ait une) on recommande souvent de coordonner le message de façon centrale. Peut-être que le gouvernement utilise cette approche. Il serait intéressant d’entendre quelqu’un du MSSS à ce sujet.

  2. J’aime bien les commentaires de Guy qui résument bien ma pensée. Par contre, on ne peut passer sous silence le degré de préparation des autres pays qui semblent (du moins c’est ce qu’il me semble) prendre beaucoup plus au sérieux que nous cette menace de pandémie.

    Rappelons-nous le degré de mobilisation et de préparation de notre société au bogue de l’an 2000, bogue qui n’a pas eu lieu. L’être humain est très rapide à déployer de l’énergie dans certains cas, pour des raisons matérielles, commerciales ou autres. Paradoxalement, alors que la santé des personnes serait menacée, c’est la pagaille, l’indifférence et une certaine absence de préparation.

    Communication et ressources humaines doivent travailler de concert à mettre en place ce qu’il faut pour prévenir cette crise dans les organisations et être en mesure de la gérer le cas échéant. Évidemment, ce serait plus facile si les autorités gouvernementales communiquaient de façon claire.

    Les médias n’aident pas non plus en publiant toutes les théories les plus farfelues de complot et autres. Il y a pourtant quelques sites d’information crédibles et bien garnis en information. Il existe aussi des guides à l’intention des organisations sur l’organisation à mettre en place et sur les mesures à prendre pour se préparer à cette pandémie annoncée. Or, on n’en parle pas, ou peu.

  3. Très très intéressant tout cela. Consciente de la manie des médias à exagérer une peccadille pour créer des nouvelles sensationnalistes, je dois dire que moi-même je suis bien confuse face aux enjeux de la grippe H1N1. Pour être honnête, le dossier m’intéresse comme communicatrice, mais comme citoyenne, j’y suis plutôt indifférente. Me faire vacciner, pourquoi ? Pourquoi toute cette pagaille pour un cas de grippe semblable à d’autres ? Ma mère – qui comme bien d’autres – a reçu un courriel qui se transmet de mamans en mamans critiquant la pertinence de la campagne de vaccination du gouvernement. Des courriels « rumeurs urbaines » qui font peur aux parents et surtout, qui les rendent complètement dingos. Il n’y a véritablement pas de message clair qui est véhiculé au grand public. Et si les médias détournent le message ? C’est le temps de trouver d’autre canaux de communication pour rassurer la population. Les gens ont des questions. Pourquoi pas un blogue ? Une série de vidéos explicatives sur YouTube ? Peu importe la façon, il y a un dialogue à amorcer ou carrément à rétablir…

  4. N’est-ce pas là l’effet du syndrome « Pierre et le loup »? On nous annonce tellement de « fins du monde » et de « crises sans précédent » (la « dossier » Laraque étant le dernier en lice) qui s’avèrent finalement être des pétards mouillés qu’il ne faut pas se surprendre que le public se mette en mode « cause-toujours-mon-lapin ». Ajoutons à cela l’effet du message « oui-c’est-très-grave-mais-faut-pas-s’énever » qui provient des « autorités », les zillions d’études et de spécialistes qui se contredisent et les médias qui profitent d’une source intarissable de sujets « faciles ». On peut comprendre que les gens aient envie de passer à autre chose. Dit simplement : ça donne rien d’arroser quand y’a pas de feu… Pour le moment, le public ne voit pas de feu; pas même de fumée…

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